La seconde est plutôt d’ordre de l’efficacité : la Banque de France ne pouvait pas se permettre d’enregistrer sur ce dispositif des taux d’abandon importants ou un retour sur investissement faible en terme d’efficacité.
La troisième est d’ordre culturel : il s’agissait de ne pas rompre totalement avec le modèle pédagogique traditionnel auquel étaient accoutumés les apprenants. Trois modules ont été conçus pour former ces 10 " super-tuteurs ". Le premier module a pour objectif de sensibiliser les pédagogues aux NTIC, à la FOAD et aux outils du tutorat à distance. Il s’est déroulé sur 2 jours en présentiel suivi d’une période de trois semaines pendant laquelle des travaux devaient être réalisés à distance sur la plate-forme. Le second également de 2 jours en présentiel, visait, après une première vérification des connaissances, à acquérir les aspects méthodologiques du tutorat, avec des mises en situation.
Les "super-tuteurs" avaient des exercices à faire et devaient notamment résoudre des études de cas liées à la FOAD. Pour le dernier module (1 jour), les "super-tuteurs" ont dû finaliser le dispositif de formation et la "boîte à outils 2" proposés en interne. À la fin de cette première phase, les "super-tuteurs" s’étaient parfaitement appropriés les nouvelles techniques pédagogiques permettant la mise en place d’une "nouvelle génération" de tuteurs.
Au départ de cette aventure, certains d’entre nous, formateurs expérimentés, n’avaient pas une très haute opinion de la formation à distance. Les retours d’expériences n’étaient pas pour leur donner tort. On avait plutôt une image dégradée de la relation pédagogique par intranet ou Internet… A l’arrivée, toutes les réticences n’étaient pas levées. Et, il est vrai qu’on doit rester très vigilant face aux sollicitations du marché sur les produits proposés. Mais, la formation suivie nous a convaincus que l’exigence de qualité et de rigueur réclamée par le e-learning pouvait contribuer à faire progresser la relation pédagogique. Tout dépend de la façon dont on s’y prend et du soin qu’on y apporte. " nous confie M. Balestriero, responsable de formation. De fait, ces "super-tuteurs" se sont adaptés très rapidement et ont apprécié le passage en douceur à la e-formation avec la mixité du dispositif (présentiel/ à distance), " un savant mélange qui permet, sur des projets très lourds, d’obtenir une efficacité maximale en un temps minimum ". Enfin, on peut souligner la signature d’un contrat pédagogique entre l’apprenant et le tuteur. Une nouveauté par rapport aux formations traditionnelles qui ne proposaient pas ce type de contrat. Celui-ci détermine les objectifs pédagogiques, les conditions de mise en oeuvre de la formation (horaires, charge de travail, travaux à réaliser…) et rappelle l’obligation pour l’apprenant de signaler toute difficulté qui compromettrait les résultats attendus. Ce contrat est remis à la hiérarchie de l’apprenant pour information et visa. Celle-ci s’engage de son côté, par la signature d’un contrat de formation lié à la procédure d’inscription, à respecter les conditions permettant d’atteindre l’objectif fixé (en aménageant le temps de travail du salarié en conséquence). Un contrat plutôt bien accueilli par chaque signataire. "Chacun y trouve son intérêt. Celui du hiérarchique est d’avoir l’assurance de compter dans ses effectifs une personne opérationnelle en situation de travail dès la mise en oeuvre de SAP. Sans cela, le service ne pourrait pas tourner ! "
Selon la Banque de France, les premiers " retours " des tuteurs comme des utilisateurs semblent plutôt encourageants, notamment dans le réseau de succursales où il est primordial de faciliter l’accès à la formation. Pour une première expérience, les responsables du projet sont satisfaits. Il s’agit maintenant de mesurer plus précisément la qualité de la formation reçue ainsi que le coût réel de ce dispositif par rapport au coût estimé et à un dispositif identique qui aurait pu être " monté " en présentiel intégral. Certains points pourraient être d’ores et déjà améliorés, telle que la facilité d’accès aux nouvelles technologies. En effet, seuls les " super-tuteurs " ont eu accès à une plate-forme Internet. Cette option n’a pas pu être retenue pour la formation des tuteurs comme des utilisateurs finaux, faute d’un nombre suffisant de postes Internet. Ayant perçu l’intérêt de l’outil, la Banque de France se dotera en 2003 d’une plate-forme de formation ouverte et à distance.
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