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lettre Algora

N° 607 - février 2003

Ces trois dernières années, sous l’impulsion de multinationales produisant des services et des technologies liées à l’Internet, s’est presque imposée l’idée simpliste d’une solution définitive aux questions de formation par la technologie. Après l’euphorie, due à l’effervescence générée par le développement d’Internet, les limites du "e-learning" pur, entendu comme formation conduite intégralement en ligne, sont mises en avant. Un concept nouveau émerge : celui de solutions mixtes ou hybrides ("blended learning solutions", en anglais). Ce terme désigne des dispositifs conjuguant des modalités de formation à distance, s’appuyant sur les réseaux, et des modalités en présence. La proportion entre ces modalités varie selon les objectifs poursuivis, la nature du dispositif et le système de contraintes dans lequel il évolue. L’expérience conduite par la Banque de France nous a paru constituer un exemple significatif de ce type de pratiques.
Formation en présence et à distance à la Banque de France

Depuis juin 2002, la Banque de France expérimente un dispositif mixte de formation
(pour partie en présentiel et à distance) pour la formation des salariés à un nouveau progiciel de gestion des ressources humaines, SAP Pro RH. Ce système remplace les logiciels de gestion du personnel, des formations, et du temps de travail, actuellement utilisés par les services des ressources humaines. Il nécessite, de fait, la montée en compétence de nombreux salariés dans un délai limité. L’enjeu est de taille puisque la Banque de France se lance pour la première fois dans un dispositif qui intègre la distance comme nouvelle modalité de formation. Elle doit donc acquérir de nouvelles compétences en interne à la fois sur les plans technique et pédagogique. L’équipe projet a choisi de s’entourer de partenaires externes pour construire un dispositif de formation à distance efficace. Le choix s’est porté sur les sociétés Activ’Partners, qui propose, entre autres, une formation de e-tuteurs (FOAD) et Nef, qui conçoit des cédéroms pédagogiques.
Les responsables du projet ont opté pour une organisation de la formation "en cascade" (voir schéma), une pratique habituelle à la Banque de France qui s’appuie souvent sur des réseaux d’animateurs relais en interne. Toutefois, il ne semblait pas envisageable, compte tenu des délais très courts et de la charge de travail courant, de mobiliser des animateurs "occasionnels" à temps complet : d’oû l’idée du e-learning et du tutorat ! Un premier groupe composé de permanents de l’Institut de Formation a été formé aux techniques de tutorat à distance. Ces "super tuteurs" ont reçu pour mission d’expérimenter une action et de former à leur tour des tuteurs et animateurs-relais "proches du terrain", pour accompagner la formation des utilisateurs finaux. Au total ce sont plus de 700 personnes qui ont été formées sur l’ensemble du territoire entre septembre et décembre 2002 : soit un volume global de près de 4 500 jours/hommes.
Cet article se propose de mettre en avant uniquement le module de formation des "super-tuteurs", ne rendant pas compte de l’intégralité du dispositif (voir schéma). La formation suivie par les "super-tuteurs" vise l’acquisition des techniques de formation à distance pour construire le dispositif de formation des tuteurs et animateurs-relais. Cette première phase s’est déroulée de mai à juin 2002. Pour la Banque de France, il était plus intéressant de privilégier une formation "mixte" plutôt qu’une formation 100% en ligne et ce pour diverses raisons.
La première est d’ordre logistique : les accès à Internet sur les lieux de travail sont très restreints et la plate-forme de formation utilisée par Activ’Partners (Syfadis) était accessible uniquement sur Internet.
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